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le dernier bureau avant la fin du monde

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Game Over

 

 


Ça y est, c'est fini, je suis dégagé de la claire et nette économie. Je pensais que la signature serait facile et le pot de départ difficile, à la façon d'un enterrement italien. Ça a juste été l'inverse. Notre chère hiérarchie nous a encore démontré son incapacité à régler les choses simplement. Enfin bon, je vais pas rentrer dans les détails. Le pot de départ s'est en revanche déroulé comme une lettre à la poste, mis à part au moment du départ de Gothic. J'ai enfin trouvé quelqu'un de plus désespéré que moi et ça me désespère moins.

Comme dans Loft Story, ayant été nominé, je tiens à faire mes remerciements, dans le désordre, comme ça me vient :
- A Garou, pour sa bonne humeur qui aura duré des années.
- A Gothic, pour son cynisme, sa capacité à voir les choses en noir depuis quelques temps, ce qui me fait écrire des textes sur le 919 que l'on trouve assez bons (ce sera le sujet d'un prochain article : des idées noires sur la capacité à écrire autre chose que des textes pourris)
- A Rouge, avec qui j'ai apprécié quelques Offspring, ce qui a parait-il énervé un bureau administratif
- A Luciole, pour je sais pas quoi mais c'était appréciable
- A Luicifer, pour tout, du premier jeu de mot, coquillé si je me souviens bien, au dernier ; mais je préfère l'oublier. Mais plutôt tout le reste.
- A ceux que je connais pas, tant pis, merci quand même.
- A celui avec qui je me suis pas mal engueulé, c'était précieux aussi : on y croyait encore, on était vivant.
- A Bartok, qui vient de me redonner confiance en l'humanité.
- A ceux qui ont eu un peu de compassion.
- Certains de ceux qui sont déjà partis.

Les autres peuvent bien entendu crever.

 

On a tous entendu parler du flash que l'on a au moment de mourir. On revoit toute sa vie en quelques secondes. Je pensais qu'au moment de signer, je reverrais les 5 dernières années de cette façon. Il n'en est rien. Mais comme voulez-vous être inspiré quand en face de vous, vous avez une sorte de bidibule au regard aussi inspiré qu'une bite qui vient d'éjaculer. Aucune chance de faire une poussée d'adrénaline.
En revanche, avec les amis, ça revient beaucoup plus facilement et c'en est même très chiant finalement. Tiens, cette table où on boit des coups, et bien j'ai posé mon enfant de quelques jours dessus. Ce fut l'occasion de boire des coups et de me persuader que j'étais dans une société familiale. Derrière cette porte, ce fut mon premier bureau. Il y avait des tréteaux et un P133. Dans ces chiottes, il y avait une douche et j'en ai prises quelques-unes car au bout de 36 heures de boulot, vous commencez à schmoutter sérieusement. Ces sofas, hideux comme tout, encore en vie après tant d'années, j'y ai dormi maintes et maintes fois. Et on revoit les situations les plus farfelues de ces 4 ou 5 dernières années : Luicifer, beurré comme jamais, enchaîné au chatterton sur une chaise et faisant le tour de tous les étages via l'ascenseur ; une playstation japonaise qui fait une grande fumée blanche car elle ne supporte pas le 220, les projets avortés, les loupés, les concours de Mp3, les engueulades.
C'était comme ça tout le temps ? A peu près. Que regretter alors ?
En conclusion : de nos désespoirs, il est né quelque chose, le 919 par exemple. Une amitié, une solidarité, une force. Et ça, ils ne pourront pas nous le retirer.

THE END

Léo de Urlevan le 15/05/2001

 

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